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Les apartés culturels de FrenchTouch - Acte premier


Les apartés culturels de FrenchTouch seront une série de billet de blogs visant à apporter une vérité ou un questionnement via l'utilisation d'éléments culturels pour transmettre une pensée flottante et, peut-être, partager une expérience, ou une connaissance. L'idée m'a été inspirée par SireAmiel que je vous invite à remercier pour vos futurs maux de crâne. Prenez vos dictionnaires, et au galop.

Pour être sûr que tout le monde comprenne le message : Je ne prends pas parti sur les situations dépeintes dans ce billet de blog. Je ne fais qu'exprimer des pensées et mettre des faits ensemble pour faire comprendre certaines bribes de l'Histoire. En parlant d'Histoire, il y a énormément de choses que je ne dis pas pour chaque mot qui est écrit - c'est parce que je n'en finirai jamais, et si vous voulez approfondir le sujet, faites des recherches par vous-même, vous en apprendrez énormément.

Les apartés culturels
Acte premier : L'Opéra de Nice, et les politiques de tous fronts
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Le Teatro San Giovanni Grisostomo, ouvert 41 ans après le Teatro San Cassiano, et aujourd'hui connu sous le nom de Teatro Malibran.

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Une carte du nord de l'Italie, centrée sur le Royaume de Sardaigne de Charles-Emmanuel III.

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Une société populaire de femmes durant la Révolution Française.

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Une représentation artistique des barbets.

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Première page du Monde Illustré du 2 avril 1881.

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Photographie du Théâtre après le sinistre.

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La façade nord de l'Opéra de Nice Côte d'Azur après sa reconstruction.

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L'intérieur de l'Opéra de Nice Côte d'Azur après sa reconstruction.

Ai-je besoin de présenter l'opéra ? Édifice lyrique dont le premier exemplaire, le Teatro San Cassiano, fondé en 1637 sur les ruines d'un théâtre privé construit par Andrea Palladio en 1565, ce terme désigne aussi le style musical dont la première représentation est Dafné, une œuvre composée par Jacopo Peri et Jacopo Corsi en 1587.

L'Italie étant la mère de l'opéra, la culture artistique devait se répandre vers les autres états, dans lesquels on peut compter, à l'époque, les États du Duc de Savoie, dans lesquels se trouve le Comté de Nice. Il faudra attendre la montée en pouvoir de Charles-Emmanuel III sur le trône de Sardaigne pour voir le premier théâtre lyrique à Nice, le Théâtre des Seigneurs de Maccarani, lui-aussi, privé.

Sous le règne de Victor-Amédée III, la Société des Quarante, constitutée de trente-huit membres, ayant probablement appris la leçon du Teatro San Cassiano, a racheté l'édifice privé le 21 septembre 1789 pour en être les propriétaires deux jours plus tard. En France, la loi martiale est instaurée exactement un mois plus tard. Mais la Révolution Française vint frapper Nice en 1792, en effet, les révolutionnaires occupèrent la ville, et le théâtre devient une société populaire, les clubs qui viendront à en interdire la participation aux femmes, et qui dissoudront les sociétés de ces dernières.

Seuls les hommes naissent libres et égaux en droits.

C'est ainsi que le barbétisme vît le jour, un mouvement visant à combattre activement l'annexion de Nice par la France révolutionnaire. L'année d'après, le Général Pierre Dominique Garnier, après avoir conclu le siège de Toulon, se met en quête des barbets dans une traque qui durera plus longtemps que la Révolution. Entre 1800 et 1801, le Général recense les barbets exécutés au nom du Premier Empire instauré par Napoléon, un Empire qui tombera le 14 avril 1814, et emportera le siège avec lui le 30 mai 1814, date où Nice revient à son propriétaire, Victor-Emmanuel Ier, et le barbétisme cesse d'exister.

Enfin les Quarante prospèrent pendant encore douze années, avant de revendre le bâtiment à la Ville, en 1826, afin de le raser, et de le reconstruire, l'ériger à la gloire du roi Charles-Félix de Savoie. Le Théâtre Royal, inauguré le 26 octobre 1827, est alors orné d'un rideau dépeignant le triomphe de Catherine Ségurane fâce aux français et aux ottomans lors du siège de Nice en 1543, une figure très controversée, surtout après l'annexion de Nice et de la Savoie en 1860 par Napoléon III, car très souvent est niée l'existence de l'héroïne niçoise, une rumeur répandue par les français eux-mêmes. Mais le Second Empire n'en a que faire, car il tombe en 1871 avec l'appelation impériale du Théâtre. Personne ne pourra voir pour autant l'Apothéose de Catherine Ségurane, car l'œuvre, le théâtre et ses spectateurs virent la même fin, le 23 mars 1881, où lors d'une représentation de Lucie de Lammermoor, de Gaetano Donnizetti, l'édifice est ravagé par les flammes, emportant avec lui deux cents personnes et une ode à l'art musical et visuel.

L'année d'après, la municipalité fait appel à François Aune, premier ingénieur-en-chef de la ville, architecte ayant travaillé sur l'Hôtel de la Ville de Nice et plus tard sur le Lycée Albert-Calmette, pour reconstruire le Théâtre municipal, en collaboration avec Louis Daniel, selon des plans validés par Charles Garnier, architecte de l'Opéra de Paris et de l'Observatoire de Nice. Cette fois, la perle visuelle se trouve au plafond - c'est une fresque d'Emmanuel Costa entourant un somptueux lustre d'une tonne que je ne décrirai pas, car trop peu de photos existent pour ne pas laisser un peu de travail aux photographes en herbe parmi nous. C'est alors le 7 février 1885 que le théâtre est inauguré par Aïda, de Giuseppe Verdi.

C'est en 1902 qu'il sera nommé l'Opéra de Nice.

En deux-mille-seize, le samedi vingt-huit mai à seize heures, fut présenté un concert constitué du Concerto pour violoncelle en si bémol mineur, opus 104 d'Antonín Dvořák, de l'Alborada del grazioso, de Daphnis et Chloé, suite d’orchestre n°2 et du Boléro de Maurice Ravel, interprété par l'Orchestre Philarmonique de Nice et Bruno Delepelaire, soliste violoncelliste de l'Orchestre Philarmonique de Berlin, le tout dirigé par Philippe Auguin, chef d'orchestre niçois.

Le maire de Nice est Christian Estrosi, membre des Républicains, parti de droite politique, un mouvement représenté par des personnalités comme Margaret Thatcher ou Valéry Giscard-d'Estaing ; il y a deux jours de ça, les syndicats déclaraient une journée nationale de grève, et des manifestations frappèrent Nice, comme le 28 avril ou le 31 mars auparavant.

Il est intéressant de prendre un moment pour voir l'évolution culturelle malgré les débâcles politiques. Parfois il n'y a pas d'interférence, mais bien trop souvent, des désaccords et de mauvaises décisions en viennent toujours à mettre à mal l'art.

L'Opéra de Nice en est un symbole.



Notes Historiques

  • L'opéra ne sort pas de nulle part, les édifices furent basés sur le traité De architectura de Vitruve, et le style, des théories musicales d'Aristoxène.
  • La Société des Quarante fut représentée par vingt-deux membres seulement lors de l'achat du Théâtre des Seigneurs de Maccarani.
  • C'est dans les montagnes de Tende que le général Garnier cherchera ses victimes, et c'est dans son journal qu'il notera les exécutions. (cf. extrait incomplet de la liste provenant du livre Nice, une capitale historique)
  • Un monument de forme pyramidale fut erigée au Château de Nice en l'honneur des victimes de l'incendie du Théâtre municipal.
  • Le nom de Verdi figure sur le plafond de l'Opéra de Nice.
  • Il n'y a pas eu d'incendie à l'opéra lors de la représentation du 28 mai 2016, mais une femme a trébuché sur une marche d'escaliers à la deuxième sortie à gauche de la loge, dans l'amphithéâtre, et a bien failli passer par-dessus bord. Il serait peut-être bienveillant de dépenser des fonds pour la sécurité de l'Opéra, plutôt que de transformer le Couvent de la Visitation Sainte-Claire (classé monument historique) en hôtel cinq étoiles.
  • J'ai choisi Margaret Thatcher et Valéry Giscard-d'Estaing comme représentants de la droite politique car ces personnalités sont très controversées et furent toutes deux critiquées par le chanteur français Renaud. (Hexagone, Miss Maggie) Évidemment il est très facile de créer une image négative de la droite en utilisant des personnes comme celles-ci pour la promouvoir, et c'est bien l'idée : Pas besoin de mentir au peuple pour les induire en erreur, il suffit de dire une vérité parmi d'autres.